Une démarche fondée sur l’observation
Au niveau des sols comme au niveau du végétal, la première attitude de l’agriculture raisonnée consiste à analyser et à observer.
Après 15 ans d'effort, je n'utilise plus que du compost pour la fertilisation , il m'est arrivé une ou deux fois, d'avoir recours à un engrais chimique ou foliaire mais à chaque fois , je l'ai fait contraint et forcé.
Le recours à la chimie est pour moi une nécessité pour soigner, mais ne doit en aucun cas être utilisée systématiquement. Il m'a fallu 20 ans d'effort et de réflexion pour ne plus utiliser un seul insecticide ou acaricide. Aidé par des chercheurs de l'ENITA de Bordeaux, j'ai appris à comprendre les équilibres qui géraient les relations entre insectes parasites de la vigne et leurs parasitoïdes et prédateurs

Notre labeur est encore immense car les maladies de la vigne sont dues à des champignons dont la plupart ont été importés des Etats Unis. Le problème est le même que lorsque les conquistadors ont importé la rougeole dans la population indigène d'Amérique. Seul des médicaments auraient pu les sauver. Pour la vigne ce sont les traitements. L’observation des facteurs de maladies ou d’attaques parasitaires permet la mise en œuvre d’une véritable approche prophylactique limitant ensuite leurs effets.

Des interventions qui préservent les équilibres naturels
A partir de ces observations, j’ai choisi de privilégier sur mes vignobles différentes formes d’action et de pratique culturale qui permettent de concilier efficacité et respect de l’environnement. En voici quelques exemples :
• le drainage des sols, facteur d’équilibre essentiel pour la vigne et pour le développement en profondeur du système racinaire.
• l’enherbement des parcelles limite naturellement la vigueur de la vigne, diminue la pression des maladies et des ravageurs, et améliore la stabilité de l'écosystème.

• des traitements raisonnés avec des produits très doux pour l'environnement mais efficaces contre les parasites de la vigne. Il est indispensable de limiter les perturbations de l'écosystème.
La protection de l'équilibre que j'ai mis très longtemps à obtenir m'oblige à prendre grand soin de la biodiversité dans mon vignoble.
J'y dispose des nichoirs pour les oiseaux et des dortoirs pour les chauve souris, tout ceci pour les protéger certe, mais surtout pour les utiliser comme indicateur biologique : pour que les populations d'oiseaux ou de chriroptères se développent il leur faut des abris et de la nourriture. Il me suffit alors d'observer leur répartition pour contrôler la stabilité de l'écosystème.